Ce qui fait varier le prix de l'infogérance en Suisse
Pourquoi deux entreprises de vingt personnes reçoivent des offres du simple au triple, et comment lire celles que vous avez déjà.
Publié le 17 août 20267 min de lecture
C'est la première question posée, et c'est la seule à laquelle presque personne ne répond franchement. Un prestataire annonce un montant par poste et par mois, un autre refuse de chiffrer avant d'être venu regarder, un troisième propose un forfait qui paraît deux fois trop bas. Les trois peuvent être de bonne foi. Ce qu'ils ne disent pas, c'est qu'ils ne parlent pas de la même chose.
Le prix au poste ne dit presque rien
Le prix au poste est commode parce qu'il se compare. C'est précisément son défaut : il donne l'illusion qu'on compare deux offres alors qu'on compare deux périmètres. Le poste de travail est la partie la moins coûteuse et la plus prévisible d'un parc. Ce qui coûte, c'est ce qu'il y a derrière : les serveurs, les applications métier, les accès distants, les sauvegardes, et le temps qu'il faut pour remettre tout cela en état quand personne ne s'en est occupé pendant trois ans.
Deux entreprises de vingt personnes peuvent donc demander un travail du simple au triple. Une étude d'avocats avec vingt portables, une messagerie et un serveur de fichiers n'a rien à voir avec un atelier de vingt personnes qui fait tourner une machine à commande numérique, un logiciel de gestion vieux de douze ans et un accès distant pour deux commerciaux.
Les six choses qui font vraiment varier la facture
1. L'état de l'existant
C'est le premier poste, et de loin. Reprendre un parc tenu proprement coûte le prix de son entretien. Reprendre un parc laissé à l'abandon suppose d'abord de le remettre d'aplomb, et cette remise à niveau est un chantier, pas un abonnement. Un prestataire sérieux la sépare de la mensualité. Un prestataire qui l'absorbe dans le forfait la récupérera ailleurs, généralement en rognant sur ce que vous ne voyez pas.
2. Le nombre de sites et le travail à distance
Un site unique se supervise et se dépanne facilement. Deux sites reliés, des collaborateurs en télétravail et des accès depuis l'étranger multiplient les chemins d'accès, donc les points de défaillance et les points d'entrée à surveiller.
3. Les serveurs et les applications métier
Une application métier ancienne, qu'un éditeur ne suit plus ou qui impose une version précise du système, pèse sur toute l'installation. Elle interdit certaines mises à jour, impose des contournements et rend chaque migration délicate. C'est souvent le vrai sujet d'un parc, rarement celui dont on parle en réunion commerciale.
4. La disponibilité réellement attendue
Il y a une différence de nature, pas de degré, entre « quelqu'un rappelle dans la journée » et « quelqu'un intervient dans l'heure, y compris le samedi ». La seconde suppose une astreinte, donc des personnes payées à être disponibles. C'est légitime, cela se facture, et il faut savoir si vous en avez besoin avant de la payer.
5. La conformité
Une entreprise établie en Suisse relève de la LPD. Si elle traite des données de personnes établies dans l'Union européenne, ou si elle y exerce, le RGPD s'ajoute, et selon son secteur et sa taille, NIS2 également. Cela ne change pas la nature du travail informatique, mais cela ajoute une obligation de documentation : il faut pouvoir montrer ce qui a été fait, et pas seulement l'avoir fait. Voir ce que la LPD attend en matière de sécurité.
6. La réversibilité
Une offre où les comptes d'administration, les noms de domaine et les sauvegardes appartiennent au prestataire est moins chère à court terme, parce qu'elle est plus simple à exploiter pour lui. Elle se paie le jour où vous voulez partir. C'est le point le plus facile à vérifier avant de signer et le plus coûteux à corriger après. Voir les sept clauses d'un contrat réversible.
Ce qui devrait figurer dans toute offre
Peu importe le montant : une offre qui ne répond pas à ces questions n'est pas comparable à une autre.
- Ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas, nommément, pas par catégorie.
- Le délai de prise en charge annoncé, et ce qui se passe s'il n'est pas tenu.
- Qui détient les comptes d'administration, les domaines et les sauvegardes.
- Où sont hébergées les données et les sauvegardes, et sous quel droit.
- Ce qui est facturé en plus, et à quel tarif horaire.
- Ce qu'il se passe à la fin du contrat : délai, format de restitution, accompagnement.
Deux offres au même prix affiché
| Postes supervisés | identique |
| Remise à niveau initiale | incluse ou facturée à part |
| Sauvegardes testées | testées ou seulement planifiées |
| Détenteur des accès | vous ou le prestataire |
| Intervention hors horaires | comprise ou en supplément |
| Restitution en fin de contrat | prévue ou non prévue |
Ce que nous faisons
Nous ne publions pas de prix au poste, parce que nous ne saurions pas l'écrire honnêtement sans avoir regardé ce qu'il y a derrière les postes. Nous regardons d'abord, nous écrivons ensuite ce que nous prenons en charge et ce que nous ne prenons pas, et le périmètre est arrêté avant de commencer. Le bilan sert exactement à cela : trente minutes, un document daté, vos écarts classés par gravité, sans engagement de suite.