Infogérance ou informaticien salarié : à partir de quelle taille
Le calcul honnête, y compris le moment où embaucher devient le meilleur choix et où nous cessons d'être la bonne réponse.
Publié le 17 août 20267 min de lecture
La question arrive presque toujours au même moment : l'entreprise a grandi, quelqu'un en interne « s'y connaît un peu » et y passe désormais ses vendredis, et le dirigeant se demande s'il ne faudrait pas embaucher pour de bon. C'est une bonne question, et la plupart des prestataires y répondent mal, parce qu'ils ont un intérêt dans la réponse.
Le vrai coût d'un poste interne
Un salaire n'est pas un coût complet. En Suisse, il faut y ajouter les charges sociales patronales, l'assurance perte de gain, la prévoyance professionnelle, le poste de travail et les outils, la formation continue d'un métier qui bouge vite, et le recrutement lui-même. L'ordre de grandeur usuel place le coût employeur nettement au-dessus du salaire brut, sans compter le temps de direction consacré à encadrer quelqu'un dont on ne sait pas juger le travail.
Ce n'est pas un argument contre l'embauche. C'est un rappel que la comparaison honnête n'est pas « un salaire contre une facture », mais « un coût complet contre une facture », et que la seconde inclut une astreinte, une continuité pendant les vacances et une expertise qu'une seule personne ne peut pas couvrir entièrement.
Les trois seuils qui comptent vraiment
La taille en nombre de personnes est un mauvais repère utilisé seul. Trois autres critères décident réellement.
Le volume de sollicitations quotidiennes
Tant que les demandes se comptent en quelques-unes par semaine, un interne serait sous-occupé sur son cœur de métier et finirait par faire autre chose. Quand elles deviennent quotidiennes et interrompent une personne toute la journée, l'externalisation seule ne suffit plus : il faut quelqu'un sur place.
La spécificité du métier
Une entreprise dont l'informatique se résume à des postes, une messagerie et un serveur de fichiers achète une prestation banalisée, et elle a tort de la payer au prix d'un salarié. Une entreprise dont l'activité dépend d'une application développée pour elle, d'automates, ou d'un flux de production numérique a besoin d'une connaissance interne que personne ne lui vendra au forfait.
L'exigence de disponibilité
Si un arrêt d'une heure coûte peu, l'externalisation couvre le besoin. Si un arrêt d'une heure arrête la production ou la facturation, il faut soit une astreinte contractuelle sérieuse, soit une présence, et les deux se paient.
Ce que chacun couvre réellement
| Connaissance du métier de l'entreprise | avantage salarié |
| Présence physique immédiate | avantage salarié |
| Continuité pendant congés et maladie | avantage prestataire |
| Étendue des compétences | avantage prestataire |
| Coût à faible volume | avantage prestataire |
| Coût à fort volume quotidien | avantage salarié |
Le point que personne ne dit
Un informaticien seul dans une PME est un point de défaillance unique, exactement comme un serveur sans sauvegarde. Il part en vacances, il tombe malade, il démissionne, et l'entreprise découvre que personne d'autre ne connaît les mots de passe ni la logique de l'installation. Ce risque est réel et il est rarement pris en compte dans la décision.
La conséquence pratique n'est pas de renoncer à embaucher, c'est d'exiger de l'interne ce qu'on exige d'un prestataire : une documentation à jour, des accès détenus par l'entreprise et non par la personne, et des sauvegardes dont quelqu'un d'autre sait vérifier qu'elles fonctionnent.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous ne cherchons pas à convaincre une entreprise qui a besoin d'un salarié qu'elle a besoin de nous. Quand les demandes sont quotidiennes, que le métier est spécifique et que l'arrêt coûte cher, embauchez : nous le disons en rendez-vous et nous préférons le dire avant qu'après. Dans les autres cas, et dans le modèle mixte, c'est notre travail.
Si vous voulez trancher sur des faits plutôt que sur une impression, le bilan mesure le volume réel, l'état de l'existant et l'exposition en cas d'arrêt. Trente minutes, un document daté, sans engagement de suite.